Les Formes de la Nature
Exposition Collective organisée par Galerie Jaguar Arte et Nature

Habiter le monde autrement : voilà la formule phare qui vise à faire face à la crise climatique mettant en péril la quasi totalité des espèces sur terre. L’anthropocène, Capitalocène ou Chthulucène - les trois termes se complètent - est une nouvelle époque géologique caractérisée par l’impact des industries pétrolières, chimiques, minières entre autres, sur l’écosystème planétaire. Si ses dégâts sont souvent cités dans les médias, le Capitalocène a le mérite d’être à l’origine d’une révolution culturelle et politique sans pareil où artistes, scientifiques, anthropologues, sociologues, tous d’univers variés, mettent leurs connaissances au service d’une lutte contre les acteurs directs de cette crise climatique.
Certains artistes puisent leur inspiration dans la nature et regardent avec un oeil autre une nature qui fut longtemps vu sous un seul prisme. De là est née l’idée derrière l’exposition Les Formes de la Nature, d’une volonté de montrer et enrichir notre relation avec elle en montrant sa richesse et les différentes perspectives qui lui donnent forme. Si elle fut pendant longtemps biaisée par le regard occidental, la nature aujourd’hui ne correspond plus à l’idée de sanctuaire éloigné des grandes villes comme le montre l’œuvre de Nicolas Bijakowski qui allie urbain et ‘naturel’; ou encore l’œuvre de Romain Dumesnil effaçant les limites entre le monde dit naturel et artificiel, montrant ainsi que cette hybridation est aussi naturelle. D’autres artistes tels que Lorena Velázquez ou Hendrik Gonzalez pensent la nature en termes de sa prochaine extinction et poussent le spectateur à prendre conscience des périls qui la menacent. Gabriel Sierra Henao et Alexandra Arango cherchent à nouer des liens avec elle en prenant en compte des croyances chamaniques qui lui donnent des droits et un pouvoir de parole. Pour sa part, la création artistique d’Ana María Lozano questionne la définition d’objet d’art et l’élargit en utilisant des organismes vivants dans ses œuvres.
Les Formes de la Nature s’allie au différents courants affirmant que le monde est au pluriel, que les définitions sont souples et que tout est sujet à interrogation, les acquis et à priori n’ont lieu d’être dans un monde où chaque espèce a son propre univers.

Milena Estrada

Vues d'exposition